Acception cévenole moderne

Séchoir à châtaignes à Castanet-le-Haut

Au sens premier, le mot clède, qui est la francisation de l'occitan « cleda », désigne une claie1 (cf. acception provençale). C'est par une métonymie qu'il désigne, dans les mas cévenols, un petit bâtiment annexe servant autrefois à sécher les châtaignes2. Ce bâtiment est connu ailleurs sous le nom de secadou (en occitan secador3).

Cet édifice a un étage. En bas, on entretient un feu de bogues qui doit fumer sans flamme et chauffer modérément mais continuellement. À l'étage, un plancher percé de trous (d'où le nom de claie = cleda) supporte la récolte de châtaignes qui est entassée sur 50 cm d'épaisseur.

Tous les jours, le feu est entretenu et les châtaignes retournées. Au bout de trois à six semaines, elles sont sèches. Elles sont alors dépiquées : on retire la peau sèche pour obtenir les châtaignons blancs. Ceux-ci se conservent secs et peuvent être moulus en farine ou servir à faire le badjana.

Une clède associative fonctionne chaque automne à Saint-Martin-de-Boubaux en Lozère.

En Limousin, le séchoir à châtaignes s'appelle clédier. Il est construit différemment.

Acception rouerguate et provençale

Dans le monde pastoral du Rouergue et de la Provence, le terme clède est couramment employé pour désigner la claie de bois (généralement d'environ 2 mètres de long sur 1 mètre de haut) utilisée pour former des stalles (dites cas [kas], de l'occitan lou cast) ou des parcs à bétail (principalement pour les brebis). Les plus anciens disent cleda (nissart) ou cledo (provençal). La petite claie en bois (un mètre carré) est parfois dite clèdon. Ce terme est la francisation de l'occitan cledoun.

J.-T. Avril, dans son Dictionnaire Provençal - Français, donne : « Cleda : Grille. Barreaux de fer ou de bois, se traversant les uns les autres pour empêcher qu’on ne sorte par une fenêtre, ou par une autre ouverture. »4 et « Clèdo : Claie d'un parc à brebis. Porte à barreaux de bois. Porte des champs à claire-voie. »5.

Frédéric Mistral, dans Lou Tresor dóu Felibrige (1878-1886), donne Cledo : "claie, barrière mouvante, claire-voie, porte à barreaux..." (Mistral, 1979).

Un clèdon est souvent utilisé à la sortie d'un couloir de contention pour orienter les brebis qu'on trie vers un parc ou un autre (c'est la barrière mouvante de Mistral).